Personne ne peut vous donner un prix sans vous avoir écouté. En revanche, on peut vous dire exactement ce qui fait monter ou descendre la facture — et comment lire un devis.
Si quelqu’un vous annonce un prix avant de vous avoir posé trois questions, il vend un gabarit, pas un site. Ce n’est pas forcément malhonnête, mais vous devriez savoir ce que vous achetez. Voici ce qui compose réellement le prix d’un site au Cameroun, ligne par ligne.
Ce qui fait monter la facture
Le nombre de pages, beaucoup moins que vous ne le croyez. Une page de plus coûte peu quand la structure existe déjà. Ce qui coûte, c’est la première : elle porte la charte, la navigation, l’en-tête, le pied de page, la version téléphone.
L’écriture des textes, beaucoup plus que vous ne le croyez. C’est la moitié du travail et c’est là que la plupart des sites échouent. Si vous fournissez vos textes, vous payez moins. Si vous demandez qu’on les écrive, on vous fera raconter votre métier pendant deux heures, et ça se paie.
La vente en ligne. Un catalogue, des stocks, des commandes, des paiements : chacun ajoute des règles, des cas particuliers et des écrans d’erreur. Une boutique coûte plusieurs fois un site vitrine, et c’est normal.
Le sur-mesure. Un calculateur, un espace client, une connexion avec votre logiciel de caisse : tout ce qui n’existe nulle part ailleurs doit être construit, testé, et corrigé.
Les photos. Les vraies photos de votre atelier valent mieux que n’importe quelle image achetée. Mais il faut quelqu’un pour les prendre, et ça compte dans le devis.
Ce qui revient chaque année
Deux lignes que beaucoup de devis oublient de mentionner, et qui vous rattrapent au bout de douze mois :
- Le nom de domaine — votre adresse, par exemple
votreentreprise.cm. Ça se loue à l’année. Si vous ne payez pas, l’adresse retourne à la vente, et la racheter coûte très cher. - L’hébergement — l’endroit où vivent vos fichiers. À l’année aussi.
Demandez toujours : ces deux lignes sont comprises pendant combien de temps, et combien après ?
Les trois lignes de devis qui doivent vous alerter
« Site clé en main » sans autre détail. Un devis sérieux dit combien de pages, qui écrit les textes, ce qui est compris après la mise en ligne, et à qui appartient le nom de domaine.
« Maintenance obligatoire » sans description. La maintenance est utile — les mises à jour de sécurité comptent vraiment. Mais elle doit dire ce qu’elle couvre : mises à jour, sauvegardes, corrections, assistance, et en combien de temps on vous répond.
Rien sur les fichiers sources. Demandez par écrit : à la fin, je repars avec quoi ? La bonne réponse est : le nom de domaine à votre nom, les accès, les fichiers sources du design, et la possibilité de partir ailleurs.
Le « site gratuit » qui coûte tous les mois
Les plateformes qui vous montent un site en dix minutes sont de vrais outils. Ce qu’elles ne disent pas fort, c’est que l’abonnement se paie tous les mois, sans fin, et que le jour où vous arrêtez, tout disparaît. Sur trois ans, le total dépasse souvent un site fait sur mesure — et vous ne possédez rien.
Ce n’est pas toujours un mauvais choix : pour tester une idée pendant trois mois, c’est parfait. Pour une entreprise qui compte durer, c’est une location sans fin.
Comment comparer trois devis sans être technicien
Mettez-les côte à côte et cherchez ces six lignes. Celui qui répond aux six n’est pas forcément le moins cher, mais c’est celui que vous comprendrez.
- Qui écrit les textes.
- Combien de pages, et le prix d’une page supplémentaire.
- À qui appartient le nom de domaine, écrit noir sur blanc.
- Ce qui est compris après la mise en ligne, et pendant combien de temps.
- Si vous pourrez modifier vos textes vous-même, et si une formation est prévue.
- Ce que vous emportez si vous partez.
Pourquoi nous n’affichons pas de prix
Parce qu’un prix affiché serait faux pour à peu près tout le monde. Un site de quatre pages pour un cabinet dont les textes existent déjà n’a rien à voir avec une boutique de deux cents articles à photographier. Le devis est gratuit, il arrive après un échange, il détaille les tranches de paiement — et il ne vous engage à rien.
Si votre projet ne vaut pas ce qu’il coûterait, on vous le dira aussi. Ça nous est déjà arrivé.

